Le Photovoltaique vainqueur du duel politico-financier

Dernière mise à jour : 16 nov. 2020

Des rendement vertigineux ont conduit les députés, vendredi 13 sept 2020, à remettre en cause les tarifs de rachats pour quelques 800 centrales photovoltaïques de plus de 250 kW installées entre 2006 et 2010.


De quoi s’agit il?.

En 2006 l’Etat / les députés ont décidé de donner un coup puissant coup d’accélérateur pour le photovoltaïque . La France était très en retard sur les Allemands dans ce secteur (facteur 10 à 20).

Un tarif très attractif de rachat a été mis en place. Une opportunité financière est très vite apparue au sein du monde de la finance entraînant un investissement important en proportion dans cette filière.

2020: La ministre de la Transition écologique dénonce une rentabilité hors de proportion avec une rémunération normale des capitaux investis (rentabilité >20%) .

Les économies sont estimées à 400 millions d'euros par an, alors que le coût des contrats concernés avoisine 2 milliards d'euros chaque année.

Les organismes financiers concernés sont , je cite l'article des Echos, la Fédération bancaire française, l'Association française de la gestion financière (AFG), France Invest (association du capital-investissement), Amundi (Crédit Agricole), Eurazeo, Mirova (Natixis), Eiffel Investment, etc.

Ils fustigent « un dispositif arbitraire, inégalitaire et pernicieux pour la filière solaire, la relance verte voulue par le gouvernement, et l'environnement en général ».

Notons que s’agissant d’Amundi, on pouvait lire dans les Echos du 20 avril 2020 « Amundi est solidement armé pour affronter la crise et devrait même en ressortir renforcé », a insisté Yves Perrier, son directeur général. Cela laisse à penser que la décision politique aurait très peu de conséquences financières pour ces institutionnels.


Si l’on résume les positions,

  • d’un côté l’état (et donc le contribuable) qui depuis 2016 assume la charges financières des aides aux énergies renouvelables, notamment le solaire,

Notons que l’état est destinataire final de la CSPE (Contribution au Service Public d’Electricité) taxe assumée par tous (ou presque) les consommateurs d'électricité dont nous faisons partie. Cette taxe représente aujourd’hui 2,25 cts€ / kWh (environ 15% du cout du KWh pour les particuliers, 15 cts d'€).


  • de l'autre des investisseurs financiers qui ont profité de l’aubaine entre 2006 et 2010.

Les conséquences sur le développement du solaire:

Ces tarifs incitatifs entre 2006 2010 ont permis le décollage du solaire, dont nous profitons pleinement aujourd’hui puisqu'il a permis une baisse très forte en France du coût des installations (facteur 5 env. en 10 ans).

Analyse:

A l’évidence cette mesure va potentiellement vers une diminution des charges de l’état (qui nous concerne en tant que contribuable) au détriment des investisseurs financiers.

Sur le plan éthique, l'Etat et les députés ont pris une position courageuse qui mérite d'être soulignée. Je suis incompétent pour me positionner au plan juridique.

Au final, suivant qu’on est de tel ou tel côté , on sera donc naturellement favorable ou défavorable, à cette question près:


> Le développement du solaire va-t-il pâtir de cette décision?

La maturité avérée du solaire fait que les installations ont de moins en moins besoin d'être subventionnée et probablement à moins de 10 ans les subventions, seront complètement inutiles.

Les “majors” du pétrole, Total, en tête, l’ont bien compris et programment des investissements massifs sur le solaire et l’éolien.

Pour les particuliers que nous sommes, l’autoconsommation solaire, dès LORS QUE LES INSTALLATIONS SONT VENDUES A LEUR JUSTE COUT *, permet un amortissement en une dizaine d’années (plus ou moins suivant que vous habitez dans le sud ou dans le nord) certes encore avec quelques d’aides.

Mais avec l'augmentation inéluctable des coûts de l'électricité française inhérente au passif du nucléaire **, la rentabilité sera assurée hors subvention, à l’échéance de quelques années.

Elle l’est déjà pour les petits Kits solaires ( sans obligation de passer par un installateur agréé).


J’aurai donc tendance à conclure:

  • qu’on peut comprendre l’opposition des organismes financiers, (et oui ils vont y perdre dans cette affaire)

  • mais au bénéfice de l’état (et du contribuable)

  • sans que le développement du solaire en soit affecté du fait de la rentabilité intrinsèque du photovoltaïque.

  • sans que des investisseurs plus modestes, petites entreprises, collectivités, peut être vous et moi, en pâtissent


Donc pour moi c’est bravo pour cette courageuse mesure, en espérant que l’état utilise judicieusement cet argent.

Cet article est rédigé à partir de celui d’Isabelle Couet journaliste aux Echos / 13 et 14 nov .



* cf article Autoconsommation photovoltaïque : Aspects Financiers

www.sunergycoach.com/post/autoconsommation-photovolta%C3%AFque-aspects-financiers

** ça fera l’objet d’un article à venir

.


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