Match nucléaire solaire!

Ce match se déroulera en 2 manches concernant trois problématiques:

  • la recharge de véhicule électrique

  • les aspects financiers

  • le problème de l’intermittence solaire et nucléaire

A noter: l'article se veut être source de réflexion, les chiffres données sont des ordres de grandeur.


La recharge de véhicule électrique:

Une voiture moyenne consomme 7l de gas-oil /100 km, soit 70 kwh.

Une voiture électrique consomme environ 20 kwh/100km.

Si cette voiture électrique est rechargée par le réseau alimenté par des centrales thermiques classiques (hors turbine à gaz) ou nucléaires (en France), le rendement global, distribution comprise, est d'environ 25% allons jusqu'à 28% soit aussi un rapport de 3,5. Autrement dit, notre vertueuse voiture électrique consomme au final 70 kwh comme son homologue thermique. Quid de l'efficacité énergétique !!! sans oublier les problématiques inhérentes au nucléaire (déchets, coût, sécurité, impact environnemental).


Certes une centrale nucléaire émet peu de CO2 en fonctionnement, (d'ailleurs puisque certains prêchent un bilan carbone détaillé pour l'éolien, il serait intéressant d'en faire de même pour le nucléaire sur l'ensemble de la filière / du berceau, la mine - à la tombe, si tant est que l'on sache que faire de ces déchets - en passant par le démantèlement, avec aucun recyclage possible des pièces contaminées…).


La recharge solaire à l'inverse se fait sans perte de rendement, au contraire !

Le fait de récupérer 20% de l'énergie solaire incidente, est un bonus, puisque cette énergie est disponible partout, sans prélever de ressource sur terre, sans aucun dommage environnemental.

Précision: l'énergie grise de fabrication d'un panneau solaire est récupérée en 2 ans de production (chiffre qui est en baisse régulière).

Atteindre un seuil de 50% de recharge solaire annuelle pour une voiture ne poserait aucun problème, d'autant que cette énergie est gratuite ou presque!.


Les aspects financiers:

Là où le nucléaire coûte 12cts/kwh, sortie usine (cf EPR Hinkley Point), le solaire livré à la borne est plutôt à 3 ou 4 cts, avec des dommages négligeables sur l'environnement.


Regardons le cas de Flamanville en appliquant de simples règles de trois.

Pour compenser les 20 milliards € nécessaires à la construction de l’EPR de Flamanville, il faudrait produire, sur la base de 50€ le MWh (prix moyen de vente de l’électricité de gros) , 400 milliards de kwh soit 40 ans de production (base de 1600MW x 6300h/an = 10 milliards de kWh/ an ), uniquement pour compenser les coûts d'investissement !!!!

Tenant compte de l'ensemble des coûts (exploitation, fabrication retraitement et stockage du combustible, + coup de démantèlement), il faudrait probablement multiplier par un facteur 2, soit 80 ans… Situation extrême , lié au caractère prototype de ce projet. Notons quand même que les premières études sur l'EPR datent des années 80 et qu'entre temps le partenaire principal d'EDF Siemens a jeté l'éponge, le directeur financier d'EDF a démissionné, et la cours des comptes soulignent les dérapages financiers d'EDF.


Aujourd’hui, le coût d’une “centrale solaire” (de 0,1 MWc à 1000 MWc) est compris entre 400 et 800€ le kWc; (1000 à 2500€ pour les particuliers suivant les conditions d'installation).

La taux de disponibilité directement lié à l’ensoleillement du site varie fortement suivant la région:

En France du sud, 1 kWc installé fournit entre 1350 kWh/an. La disponibilité est donc de l’ordre de 15,5% (1350kWh / 8760h).

Une centrale de 100MW (60 millions d’euros) produit 135 millions de kWh/an, générerait 6 millions d’€/an et serait amorti en 9 ans. tenant compte du coût d'exploitation extrêmement faible, l'amortissement est de l'ordre de 10 ans.

Pour info, dans les zones équatoriales à climat désertique, la production solaire est plutôt de 2000 kWh soit un peu moins de 23%.


L'intermittence nucléaire et solaire:

Chacun constate journellement la variabilité de la production solaire. Mais chacun sait-il que la variation annuelle de l’énergie solaire est inférieure à 10%??


Qu’en est il du nucléaire?

  • Disponibilité avant mise en service.

Regardons le cas de l’EPR de Flamanville.

Autorisé en 2007, le réacteur devait diverger en 2012. Le retard estimé à ce jour est supérieur à 10 ans.

Concrètement entre la première coulée de béton et la mise en service c’est un minimum de 10 ans nécessaire avant une mise en service plus probablement 15.


A l’inverse une centrale solaire peut être mise en service 1 an après la première coulée de béton.

Aussi lorsqu’on parle de disponibilité du nucléaire comparé au solaire, il serait bon d’intégrer ce facteur.

Le solaire est disponible en 1 an, le nucléaire n’est pas disponible avant probablement 10 voire 15 ans après la pose "de la première pierre".


  • disponibilité opérationnelle


Il est d’usage de penser que le taux moyen de disponibilité du parc nucléaire en France est de 80%.

Ce chiffre valable dans les premières années de fonctionnement se situe maintenant dans la tranche 60 à 70%, du aux vieillissement des centrales.

Si l’on regarde la production des réacteurs 1 et 2 de Flamanville, le facteur de charge est de 57,5 et 62,3% entre 2015 et 2019 (source wikipedia).

Il s’agit ici de la production d’électricité sortie centrale. Les pertes liées à la distribution d’énergie sont de l’ordre de 10%, soit une disponibilité d’environ 60% par rapport au Parc nucléaire.

Autrement dit, pour atteindre la pleine puissance, il faut installer 40% de réacteurs en plus, ce qui n’est pas sans conséquence sur le coût d’investissement.


Pour ce qui est du solaire, il est aujourd’hui nécessaire d’intégrer la composante batterie en association avec le solaire.

Certes nous en sommes au début mais l'avènement de la voiture électrique va modifier la donne. En effet, les très fortes capacités de stockage électrique des voitures (50 à 100 kWh) vont permettre de lisser la production solaire avec les systèmes “V2G et V2H” (vehicle to grid, vehicle to home).


La batterie sera au solaire, ce que l’hydraulique est au nucléaire, un soutien pour optimiser la production d’énergie.


Exemple concret: les maisons individuelles.

Avec un mix énergie comprenant photovoltaïque, batteries (de véhicule et/ou maison), pompe à chaleur pour la production de chaleur avec bois énergie en appoint, il devient possible d’avoir une maison à énergie positive: autonome en hiver et le reste de l’année disposant d’un excédent de production solaire pour alimenter une voiture électrique ou débiter sur le réseau pour alimenter des voitures distantes.

Et pour en savoir un peu plus, je vous invite à vous connecter au site www.valesol.fr


Alors pour vous qui est le gagnant du match solaire nucléaire??


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