Voiture thermique ou Voiture nucléaire, laquelle choisir??

Avec une batterie de traction produite en Chine, un véhicule électrique émet-il moins de CO2 qu'un véhicule essence ou diesel produit et utilisé dans l'Union européenne ? En filigrane, est posée la question de la source d’énergie pour la recharge des batteries. Plongeon dans le marécage…


L’article paru dans clubic en avril 2020, s’appuie sur une étude menée par l'ONG Transport & Environment.

Elle compare l’impact des véhicules électriques en terme de CO² émis sur le cycle de vie d’une voiture électrique du berceau au tombeau et bien sûr, la question des batteries est posée.

Et de conclure en se basant sur une multitude de données, qu’en France notamment du fait de la recharge des batteries avec le nucléaire décarboné, la voiture électrique est de loin moins polluante que son aînée, la voiture thermique.

Mais est ce la bonne question? Et peut on vraiment encourager la filière voiture électrique en la justifiant par le bien fondé d'une recharge nucléaire. J'avoue que le propos me surprend venant d'une ONG.

Alors je vous propose la réflexion suivante:


Pour les véhicules thermiques, on comprend aujourd'hui facilement l'impact du CO² émis sur le climat (montée des eaux, événements climatiques violents, pollution collatérale de l'air).

Pour les véhicules électriques, les batteries se substituent à l'essence pour autant qu'on les recharge aujourd'hui à partir des grandes centrales

  • Centrales électriques fossiles: 1 kWh produit émet entre 350g plus de 1000g de CO² respectivement pour des turbines à gaz et des centrales au charbon, avec un rendement moyen de 30% (excepté pour les turbines à gaz) proche de celui d'un moteur thermique

  • ou centrales nucléaire, émettant selon les études env 10g/kWh, alors que le photovoltaïque émettrait entre 30 et 60g...

Ce chiffre de 10 g semble surréaliste en regard de celui du PV.

Autrement dit un kWh solaire produirait trois fois plus de CO² qu'un kWh nucléaire!!


Cherchons l'erreur:

Pour cela, je me contenterai de mon bon sens, en m'intéressant au cycle de vie d’une centrale nucléaire incluant bien sur son approvisionnement en combustible et la gestion des déchets produits.


Le cycle du kWh nucléaire:

Coté combustible, tout commence par l'extraction du minerai d'uranium - dans des pays tels que le Congo - pour obtenir le fameux “yellow cake” au prix de quelques atteintes environnementales.... et moyennant quelques litres de gasoil pour arracher le minerai du sol.

S'en suit la fabrication du combustible, avec les fameuses pastilles d’uranium qui après usage seront stockées, triturées à La Hague pendant quelques dizaines d'années avant de rejoindre un stockage "sûr" pendant quelques centaines de milliers d'années.

Ce combustible ne serait rien sans la centrale qui le "brûle", dit on.


Intéressons nous donc au cycle de vie d’une centrale nucléaire:

Il faut 10 à 20 ans pour construire une centrale, qui fonctionnera pendant 50 ans comportant 15 à 20 ans d'arrêts cumulés (quand tout se passe bien...) pour la maintenir en état et la recharger en combustible, et 30 à 50 ans pour la démanteler.

Soit en moyenne 55 ans de chantier, pour 50 ans d’exploitation avec un facteur de charge de l’ordre de 65%!.

Pour illustrer le propos je vous propose le cas suivant:

Imaginez un bus électrique qui fonctionnerait pendant 20 ans avec ce même facteur de charge, et qui nécessiterait 22 ans pour le construire et le recycler !!!


Intéressons nous maintenant à l’exploitation de la centrale:

Un réacteur requiert mobilise en moyenne 500 personnes qui viennent quasi quotidiennement en voiture pour la plupart et ce pendant 50 ans.


Vraiment pas besoin de chiffres pour penser que tout ça n'est pas bon pour la terre avec des d'atteintes à l'environnement notamment dans les mines d'uranium et les pollutions produites renforcées par quelques accidents. Ah que oui tout ça est très complexe !!!

D'ailleurs n'est ce pas Jankovici qui dit que quand les explications données par des techniciens ne peuvent se synthétiser dans une règle de trois c'est que la chose n'est pas bonne…


Et si on rechargeait ces batteries avec l'énergie solaire ou plus globalement les énergies non polluantes.

Intéressons nous par exemple au cycle de vie d'une centrale solaire.

Dans le monde, il est produit annuellement en panneaux PV 80 GW (Giga Watt soit 80 milliard de kW / un radiateur électrique c'est environ 1 kW) , correspondant à la production de 25 réacteurs nucléaires de 1 GW. La durée de construction d'une centrale solaire équivalente en terme de production de kWh est d'environ 2 ans, avec un combustible gratuit, zéros déchets émis et une équipe d'une dizaine de personnes pour l'exploiter...


Par ailleurs, l'intermittence de l'énergie solaire et d'une façon plus générale des énergies renouvelables , s'agissant de la recharge des batteries des voitures électriques pourrait facilement être résolue comme suit:

Il suffit de prévoir un jeu de 2 batteries (voir 3), une en recharge sur les énergies renouvelables et l'autre en utilisation.

Au temps des diligences n'y avait il pas des chevaux frais qui, dans les relais de postes, ....


La solution clean, facilement compréhensible, ne serait elle pas tout simplement de passer aux énergies renouvelables pour recharger les batteries, en attendant le carburant de demain, l'hydrogène…

Soyons concret, vous choisiriez quoi pour recharger votre voiture .... ou vélo électrique?:

- un petit groupe électrogène "domestique"

- un micro reacteur nucléaire

- un générateur solaire installé sur votre toiture


Bonne réflexion!


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